Une enquête américaine publiée début octobre par l’association Clean Label Project a retrouvé du plomb dans 99 % des 100 aliments pour chats analysés, du cadmium dans 96 % et de l’arsenic dans 94 %. Les auteurs reconnaissent toutefois que leur travail ne permet pas de dire si ces niveaux sont dangereux pour la santé des chats.
- 100 produits de 62 marques vendus aux États-Unis : croquettes, pâtées et aliments lyophilisés.
- Plus de 120 contaminants recherchés : métaux lourds, glyphosate, plastifiants.
- Les croquettes contenaient environ 3 fois plus de plomb que les aliments humides, à calories égales.
- L’industrie conteste la méthode, et aucun seuil réglementaire n’existe pour comparer les résultats.
Les points :
Qu’a mesuré cette enquête ? #
Le Clean Label Project, une organisation à but non lucratif américaine, a fait analyser cent aliments pour chats parmi les plus vendus aux États-Unis. Selon le site vétérinaire dvm360, l’échantillon comptait 31 croquettes, 40 aliments humides et 29 aliments séchés à l’air ou lyophilisés.
À lire Comment sélectionner les meilleurs sites pour choisir un arbre à chat adapté à votre félin
Plus de 120 substances ont été recherchées, rapporte la dépêche reprise par WAFB, publiée le 2 octobre. Le résultat le plus frappant concerne les métaux lourds, présents dans presque tous les produits, quel que soit le format.
Métaux lourds, glyphosate, plastifiants : les principaux résultats #
Outre le plomb, le cadmium et l’arsenic, l’enquête a mesuré d’autres familles de contaminants. Le glyphosate, un herbicide, a été détecté dans 37 % des produits, selon dvm360. Plus la liste des dix premiers ingrédients contient de végétaux, plus le taux de glyphosate a tendance à monter.
Côté plastiques, un plastifiant, le DEHP, a été retrouvé dans 48 produits. Les aliments vendus en boîte ou en sachet en contenaient environ cinq fois plus que ceux conditionnés en sac. Le bisphénol A n’a été détecté que dans deux produits.
Poisson ou poulet, croquettes ou pâtée
La source de protéines fait une vraie différence. D’après dvm360, les aliments à base de poisson contenaient environ 18 fois plus de mercure que les autres et environ 2,5 fois plus de cadmium. À l’inverse, les recettes au poulet contenaient davantage de plomb et d’herbicides.
À lire Comprendre le comportement d’un chat agressif : causes, symptômes et solutions
Le format compte aussi : les croquettes affichaient environ trois fois plus de plomb que les aliments humides ou séchés à l’air, une fois les calories prises en compte. Selon l’association, environ 85 % des produits à base de volaille respectaient son propre standard de pureté, contre environ un quart des produits à base de poisson.
Faut-il s’inquiéter pour son chat ? #
C’est la limite majeure de cette enquête : elle ne démontre pas que ces niveaux nuisent aux chats. Comme le souligne dvm360, il n’existe pas de seuil réglementaire applicable à ces contaminants dans l’alimentation féline, et le rapport ne compare donc pas ses mesures à des valeurs de sécurité.
La méthode a aussi ses faiblesses : un seul lot analysé par produit, souvent une seule référence par marque. Le Clean Label Project gère par ailleurs un programme de certification, et trois marques de l’étude détiennent son label. Le Pet Food Institute, qui représente les fabricants américains, estime que l’analyse « risks misleading cat owners », c’est-à-dire qu’elle risque d’induire les propriétaires en erreur.
L’association défend sa démarche en rappelant que « the absence of safety standards does not mean a contaminant is safe » : l’absence de norme ne signifie pas qu’une substance est sans danger. Les produits testés sont vendus aux États-Unis, et les résultats ne peuvent pas être transposés tels quels aux aliments du marché français.
À lire Adopter un chat extraordinaire : où trouver un compagnon handicapé ou malade ?
Ce que l’on peut faire dès maintenant #
Les recommandations qui accompagnent l’enquête restent simples et ne demandent pas de tout changer. La première : varier les sources de protéines, surtout si votre chat mange presque uniquement du poisson. Il n’est pas question de supprimer le poisson, certains produits de cette catégorie ayant obtenu de bons résultats.
Deuxième réflexe : lire l’étiquette au-delà du premier ingrédient. Une recette annoncée « au saumon » peut contenir une majorité de végétaux dans ses dix premiers ingrédients. Enfin, l’association suggère de demander aux fabricants s’ils contrôlent les métaux lourds sur le produit fini, et pas seulement sur les matières premières.
Un point fait consensus : l’essentiel reste que votre chat reçoive une alimentation complète, qu’il accepte. Un changement brutal de régime peut provoquer des troubles digestifs ou un refus de manger. En cas de doute, ou si votre chat a des problèmes de santé, parlez-en à votre vétérinaire avant de modifier son alimentation.
Questions fréquentes #
Les marques vendues en France sont-elles concernées ?
L’enquête porte sur des produits vendus aux États-Unis. Certaines marques sont présentes des deux côtés de l’Atlantique, mais les recettes et les usines peuvent différer.
Les croquettes sont-elles plus contaminées que la pâtée ?
Pour le plomb, oui : environ trois fois plus, à calories égales, selon les résultats rapportés par dvm360. En revanche, les pâtées en boîte ou en sachet contenaient davantage de DEHP.
Faut-il arrêter de donner du poisson à son chat ?
Non. Les auteurs conseillent d’alterner les protéines plutôt que de supprimer le poisson, qui reste la recette la plus exposée au mercure.




