Depuis le 5 août 2026, une animalerie qui vend ou même donne un chat risque jusqu’à 1 500 € d’amende par animal, et 3 000 € en cas de récidive. La vente de chiens et de chats en animalerie était interdite depuis le 1er janvier 2024 — mais aucune sanction n’était prévue, ce qui rendait l’interdiction largement théorique. Un décret publié début août vient de combler ce trou. Voici ce qu’il change vraiment, et comment adopter un chaton dans les règles à la rentrée.
- ▸Décret n° 2026-729 du 1er août 2026, publié au Journal officiel le 4 août, en vigueur depuis le 5 août.
- ▸Céder un chat ou un chien en animalerie — que ce soit contre de l’argent ou gratuitement — devient une contravention de 5e classe : jusqu’à 1 500 € par animal, 3 000 € en récidive.
- ▸Exposer un animal en vitrine visible depuis la rue devient une contravention de 4e classe : jusqu’à 750 € par animal.
- ▸L’exception qui demeure : une animalerie peut présenter des chats de refuges ou d’associations en vue d’une adoption, sous conditions, avec des bénévoles présents.
Une interdiction qui existait depuis 2024… sans sanction #
C’est le cœur de l’affaire, et c’est ce que la plupart des articles passent sous silence. La loi du 30 novembre 2021 « visant à lutter contre la maltraitance animale et conforter le lien entre les animaux et les hommes » avait posé deux interdictions distinctes : l’exposition d’animaux en vitrine, effective depuis le 1er janvier 2022, et la vente de chiens et de chats en animalerie, effective depuis le 1er janvier 2024.
Le problème : le législateur avait écrit l’interdiction sans prévoir la punition. Une interdiction sans sanction, en droit, c’est une recommandation. Résultat, pendant plus de deux ans et demi, les contrôles n’avaient pas de prise réelle sur les contrevenants.
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Le décret du 1er août 2026 crée donc les deux contraventions manquantes. Et il ferme au passage une échappatoire évidente : la sanction vise la cession, « à titre onéreux ou gratuit ». Autrement dit, le don d’un chaton en animalerie tombe sous le coup du texte au même titre que la vente.
« Le décret crée deux contraventions pour sanctionner des interdictions posées par la loi de 2021 mais restées, jusqu’ici, sans réponse pénale. »
— Synthèse du décret n° 2026-729 du 1er août 2026
Ce que vous verrez changer en boutique #
Concrètement, si vous poussez la porte d’une animalerie ce mois-ci, deux choses ne devraient plus s’y trouver : des chatons ou des chiots proposés à la vente, et des animaux installés dans une vitrine visible depuis le trottoir.
L’interdiction de vitrine ne concerne d’ailleurs pas que les chats et les chiens : elle vise l’exposition d’animaux visible depuis une voie ouverte à la circulation publique, ce qui a fait disparaître les mises en scène de devanture qui existaient encore ici ou là.
En revanche — et c’est important pour les refuges — le texte préserve les opérations d’adoption. Une animalerie peut continuer d’accueillir des chats appartenant à un refuge ou à une association de protection animale, en vue de leur adoption, dans des conditions encadrées qui incluent la présence de bénévoles de la structure. Ce n’est pas une brèche : c’est le modèle que la loi cherchait précisément à encourager.
Où adopter un chat légalement en 2026 #
Si vous cherchez un chaton pour la rentrée, quatre voies restent parfaitement légales. C’est utile de les connaître, parce que les annonces douteuses prospèrent justement dans la confusion créée par ces changements successifs.
- ✓Un refuge ou une association de protection animale — SPA, associations locales, familles d’accueil. C’est la voie qui vide les refuges plutôt que de les remplir.
- ✓Un éleveur déclaré, qui doit faire figurer son numéro SIREN et le numéro d’identification de la mère ou de la portée dans toute annonce.
- ✓Un particulier, dans le cadre d’une portée occasionnelle, avec les mêmes obligations d’identification de l’animal.
- ✓Une animalerie qui héberge une opération d’adoption pour le compte d’un refuge, avec des bénévoles sur place.
Les deux formalités que beaucoup découvrent trop tard #
Adopter un chat n’est plus un achat d’impulsion, et c’est voulu. Depuis le 1er octobre 2022, en application de la même loi de 2021, l’acquisition ou l’adoption d’un chat, d’un chien, d’un lapin ou d’un furet suppose la signature d’un certificat d’engagement et de connaissance.
Ce certificat n’est pas une formalité de guichet : il ouvre un délai de réflexion de sept jours avant que l’animal ne puisse effectivement vous être remis. Le but affiché est de vous faire prendre la mesure des besoins de l’animal et du coût réel de son entretien — c’est-à-dire, très directement, de casser la mécanique de l’adoption coup de cœur suivie de l’abandon quelques mois plus tard.
Seconde formalité : l’identification. La loi de 2021 l’a renforcée, et elle conditionne toute cession. Les autorités en ont même fait une campagne annuelle — la 8e Semaine nationale de l’identification des chiens et des chats s’est tenue du 15 au 21 juin 2026, sous le slogan « Tu m’aimes ? Tu me puces ! ». Sans puce, un chat perdu est un chat statistiquement irrécupérable.
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Le décret arrive dans un contexte tendu pour les refuges : nous racontions cet été qu’il y a un animal abandonné toutes les deux minutes, et pourquoi les chats paient le plus lourd tribut. Et si vous êtes de l’autre côté de la décision, notre article sur ce que coûte de confier son chat à la SPA et pourquoi un refuge peut refuser explique la réalité des places disponibles.
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Nos sources #
Décret n° 2026-729 du 1er août 2026, montants des amendes, classes de contravention et exception pour les refuges : UFC-Que Choisir et ConsoGlobe. Certificat d’engagement et de connaissance, délai de réflexion de sept jours : ministère de l’Agriculture.
Questions fréquentes #
Peut-on encore acheter un chat en animalerie en 2026 ?
Non. La vente de chats et de chiens en animalerie est interdite depuis le 1er janvier 2024, en application de la loi du 30 novembre 2021. Depuis le 5 août 2026, cette interdiction est assortie d’une sanction : une contravention de 5e classe pouvant atteindre 1 500 € par animal, et 3 000 € en cas de récidive.
Le don gratuit d’un chaton en animalerie est-il autorisé ?
Non. Le décret vise la cession « à titre onéreux ou gratuit ». Donner un chaton en animalerie est donc sanctionné au même titre que le vendre, ce qui ferme l’échappatoire la plus évidente du dispositif.
Pourquoi une animalerie peut-elle quand même présenter des chats ?
Parce que le texte préserve les opérations d’adoption. Une animalerie peut accueillir des chats appartenant à un refuge ou à une association de protection animale en vue de leur adoption, dans des conditions encadrées qui incluent la présence de bénévoles de la structure. Ce n’est pas de la vente : l’animal reste sous la responsabilité de l’association.
Qu’est-ce que le certificat d’engagement et de connaissance ?
C’est un document obligatoire depuis le 1er octobre 2022 pour acquérir ou adopter un chat, un chien, un lapin ou un furet. Il doit être signé avant l’arrivée de l’animal et ouvre un délai de réflexion de sept jours, destiné à ce que le futur adoptant prenne la mesure des besoins de l’animal et du coût de son entretien.
Où adopter un chat légalement aujourd’hui ?
Auprès d’un refuge ou d’une association de protection animale, d’un éleveur déclaré dont l’annonce mentionne le numéro SIREN et l’identification de la mère ou de la portée, d’un particulier dans le cadre d’une portée occasionnelle, ou lors d’une opération d’adoption organisée en animalerie pour le compte d’un refuge.